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Indochine

février 26, 2009

La République des Météores

En un magnifique jour ensoleillé d’hiver, je me suis rendu aux bureaux de Sony BMG pour y écouter la dernière production du plus grand groupe de rock français : Indochine.

Je m’assois, bien installé dans un canapé mais tendu comme jamais, aux côtés d’autres personnes venues écouter le Saint-Graal en avant-première. La responsable de chez Sony engage la galette dans la chaine hi-fi et c’est parti …

L’ouverture se fait dans une cacophonie où des sirènes résonnent pour annoncer la guerre. La plus terrible des choses commise par l’homme sera donc le thème central de ce nouvel album d’Indochine. Puis nous plongeons dans le tourbillon avec Go Rimbaud, Go ! Effets électros, rythme rapide et batterie martiale, la première chanson fait doucement penser à Marilyn. Un début haletant qui fait ensuite place à Junior Song. Et là, nous trouvons une touchante chanson accompagnée de xylophones, de pianos d’enfants et de musique de cirque. Nicola Sirkis retrouve son mythe peut-être préféré, celui de Peter Pan. Rester éternellement un enfant, comme pour éviter le monde affreux des adultes, voilà un rêve que partagent bon nombre de fans du groupe.

L’intro de la quatrième piste est bien connue. Little Dolls tourne déjà depuis un petit moment sur les ondes et s’impose comme un magnifique single. Tout en délicatesse et en poésie, rappelant quelque peu Lady Boy ou Alice & June pour l’intro, avant de finir sur des pas militaires effrayants. Nicola avait dit depuis le début de la création de l’ère Météore qu’il utiliserait des instruments exotiques. Le Grand Soir touche à la grâce, au son de l’ukulélé et de l’accordéon. Des tintements font alors s’allumer les étoiles de la nuit.

Un Ange à ma Table, en featuring avec Sue de Pravda (pas certain néanmoins), retrouve les rythmes dansants d’Indochine, tout en gardant une ambiance froide et des racines new-wave, influence de toujours du groupe de Nicola Sirkis avec The Cure et ses descendants. Puis vient La Lettre de Métal. Le métal des armes à feu, des chars, des balles, de la cuirasse des bateaux de guerre. L’ambiance est incroyablement chargée d’émotion et de mélancolie, contant le départ d’un être aimé au loin, vers son destin tragique et inexorable. Le xylophone et le piano se mélangent magnifiquement et le titre finit gravement, comme si ce destin était sombre comme une nuit sans lune.

Le Lac continue sur la même thématique mais se révèle moins éprouvant que le précédant morceau. Republika mène Nicola Sirkis à dévoiler son côté engagé et son regard sur la politique, au son de carillons d’église qui résonnent tout au long du titre.

« Comme on est si fiers de rien / On sera républicains de loin »

Play Boy joue la carte du son électro qui décoiffe, avec un rythme entrainant et des paroles bien acérées de la part de Nicola. On ne lui fera même pas l’affront de demander de qui il parle…

« …d’artiste allant habiter en Suisse… »
(rires unanimes dans la salle)

L World commence doucement, à la guitare acoustique, s’emballe sur un rythme plus rapide, puis finit sur le même tempo que le début. Je t’aime tant où une voix féminine se mêle à celle de Nicola pour cette ballade. Puis s’enchaîne un morceau d’une grande solennité, Bye Bye Valentine, renforcée par des sons d’orgues au loin. Pink Water n’est pas loin pour ce qui est de la charge émotionnelle et des textes :

« …attend moi… » « …je ne quitterai jamais… »

Les Aubes sont Mortes prend à nouveau un virage plus orienté électro et dansant, un peu comme leur single sorti l’été dernier en soutien à Reporters Sans Frontières : You Spin Me Round (cover de Dead or Alive, groupe des ’80). Union War fait mouche à nouveau et bouleverse. Nicola parle de « tuer la vie » ou de « corps cassés ». En clôture, Le Dernier Jour démarre au son vieilli d’une radio d’une autre époque aux grésillements et à la voix lointaine. Rythmé, le morceau termine magnifiquement ce 11e album des Indo-Boys. Nicola chante à travers un mégaphone et des cris scandés en arrière-plan finissent d’achever nos émotions.

Mais avant de partir, une courte chanson, en ghost track, hautement charnelle avec un Nicola Sirkis seul, accompagné d’un simple piano.

Après un tel voyage, on reprend son souffle. On tente de remettre ses idées à l’endroit parce que l’on vient d’être bousculé. Indochine signe un album qui prend aux tripes, d’un bout à l’autre, tout en gardant des morceaux plus légers. Il sonne moins rock, les guitares sont moins agressives que sur le double album Alice & June ou Paradize, mais sa puissance sentimentale et la richesse musicale grave chaque chanson dans notre cœur.

Ressentir la douleur des autres. Imaginer ce qu’ont pu ressentir ces amoureux en pleine période de guerre, à l’avenir toujours incertain et sombre. Les adieux, la séparation, les gens, les peuples, les amours ; la guerre meurtri les hommes et les femmes, au plus profond de leur âme et n’épargne personne. Nicola Sirkis a voulu nous faire toucher à cette détresse et il a réussi à nous faire prendre conscience de la chance que nous avons, notre génération ainsi que la sienne, de ne pas avoir à vivre de tel drames.

La pochette regroupe tout l’univers d’Indochine ainsi que le thème principal de l’album avec la photo des soldats de 14-18. Betty Boop, Bowie, Rimbaud, Pierre et Marie Curie, Jacques Dutronc, Chloé Delaume, Patti Smith, Staline, Gandhi, Mao, McCartney, Salinger, Sid Vicious et les Indo-Boys, tous réunis dans ce patchwork humain.

Rendez-vous à tous les Indochinois le 9 mars 2009, avec plusieurs éditions comprenant des posters, des morceaux supplémentaires, des photos…

Morra’s selection :Un Ange à ma Table, Le Dernier Jour, La Lettre de Métal

à la vie comme à la mort

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10 commentaires leave one →
  1. alyssa permalink
    mars 3, 2009 2:49

    j’adore trop ce groupe!!!!!!!!!!!

  2. MisterT permalink
    mars 6, 2009 11:46

    Et bah ça promet ! J’ai plus qu’a attendre lundi soir pour etre bercé par ce nouveau bébé d’indochine ! J’ai hate !
    Ton article ma donné enormement envie l’attente va etre encore plus longue que prévu mais bon =D !
    Merci pour cette article tres interessant !
    Bye
    Indo-Kiss

  3. Sarah permalink
    mars 9, 2009 9:59

    Sympa cet article, je découvre en ce moment même les chansons de l’album..Et je reviens sur La lettre de Métal…que je n’interprete pas uniquement comme le métal des armes à feu, et tout ce qui touche à la guerre…Mais comme une réflexion, sur ce qui se passe en moselle notamment, à savoir la fermeture des sites sidérurgiques…etc…
    M’enfin ça reste mon interpretation!

  4. mathieu permalink
    mars 9, 2009 10:48

    jecoute la republique des meteors je pense quil sagit ici dun des meilleurs disque du groupe

  5. Paul permalink
    mars 9, 2009 7:57

    a part, top, super, hallucinant, que dire d’autre de cette album??

  6. darky permalink
    mars 10, 2009 1:26

    Indochine et l’exploration underground:

    Sans être un fan inconditionnel d’Indochine mais plutôt spécialisé dans les musiques dite « underground » (depuis plus de 25 ans),
    Je me permets une petite analyse de la dernière mouture d’Indochine en l’occurrence « la république des météores ».
    Pour commencer Indochine explore de nouveaux horizons tout en gardant ce fond musical qui est propre au groupe, d’ailleurs un relent année 80 se fait parfois étrangement sentir.
    En dehors de cet aspect propre au groupe, des pointes sonores assez nouvelles s’entendent très fortement sur cet album, par exemple cette approche post-industriel (déjà l’intro) et sur pas mal de titres ou une lourdeur sonore ce fait omniprésente.
    Avec une basse très lourde proche d’un Killing Joke dans ces meilleures conditions, la république des météores démontre une authentique originalité et joue avec des ambiances parfois bruitiste.
    La patte d’un des guitaristes qui lui-même proche de la musique industriel a beaucoup influencé cet album ainsi que l’ensemble des titres présent.

    Nicolas Sirkis enveloppe les morceaux avec sa voie qui ne change pas, mas s’adapte bien à ce grand manège musicale qui pourrai parfois surprendre certains fans de la première heure.

    Dans tous les cas le groupe ose et touche une certaine frange (comme moi) qui pourrai se reconnaitre auprès de cette création qui mélange fortement musique « indies » et « underground ».
    En résumer un bon point pour l’originalité musicale, quand aux paroles c’est du made in Sirkis (donc classique dans son style, mais pas dénué d’intérêt).

    Les temps changes et Indochine 2009 cette toute une époque qui avance et évolue dans un même concert.
    Du tout bon…..

  7. Tagada- permalink
    mars 12, 2009 2:37

    Pour répondre à Sarah : La Lettre de Métal a été écrite d’après une lettre qu’un Poilu avait envoyé du front et qu’il a pu lire. Donc ça n’a rien à voir avec la situation de la sidérurgie en Moselle. En plus, quand on lit cette lettre (en se tuant les yeux) dans la pochette de l’album, on voit que Nicola n’a fait que reprendre des extraits de façon aléatoire et les chanter.

    Autrement, je suis assez d’accord avec darky, dans cet album on sent bien l’influence Indus d’Olivier dans les compositions.

  8. indo-lent permalink
    mars 12, 2009 11:06

    ok, que dire devant tant d’éloges …
    fervent adepte du groupe depuis, je découvre ce disque comme un immense gâchis.
    nicola sirkis a égaré sa plume en chemin, bien loin du lyrisme de Anne et moi ou Justine, les textes sont un amas de banalités (comme parfois par le passé me direz-vous) mais cette fois quelque chose ne colle pas.
    l’entrain du chant apparaît surjoué (indo n’est plus kitch mais simplement usé et même vraiment mauvais par moments).Sur le plan musical on reconnait toujours la patte d’olivier gerrard aux manettes depuis paradize, très electro, sans doute trop, mais qu’importe ici aussi l’important est ailleurs, les melodies ne sont pas foncièrement mauvaises mais simplement elles ne collent pas, avec le ton, le texte, et l’usure plus qu’apparente des mièvreries contées. Meme les bonnes vieilles recettes des traditionnels ‘ooohhoohh’ ne suffisent plus a transporter les titres d’un groupe qui livre là sans doute son album de trop.
    Peut-être ma plume est-elle sévère, mais elle ne traduit que l’amour que j’ai pour ce groupe, et l’ampleur de la déception que m’a suscité ce dernier opus. J’éprouve même les pires difficultés a ressortir un titre qui sauverai les apparences … quelques passages éventuellement.
    Sans doute le pire album du groupe, mais était-ce raisonnable d’espérer qu’il puisse encore nous emporter comme avec Le baiser, 3 ou Dancetaria ?

  9. mars 13, 2009 12:38

    @ MisterT : merci 🙂

    @ Sarah : merci également. Concernant « La Lettre de Métal », je n’avais pu écouter qu’une seule fois la chanson et je n’avais pas pu donc analyser autant que ça le texte. Mais comme le souligne Tagada, cela parle plus de la guerre 14-18

    @ Darky : jolie interprétation de l’album également, pointue sur le style de musique donc qui complète bien la mienne =)

    @ Indo-Lent : perso, je trouve l’album très différent des autres, tant sur le thème que sur la musique. et peut-être est-ce cela qui dérange. Sirkis l’a dit lui-même, ce fut le plus dur à réaliser et on peut le comprendre car il a du se plonger dans un monde tout à fait nouveau pour lui au niveau de l’écriture.
    Mais je comprend tout à fait que tu sois dur avec cet album car j’ai connu le même sentiment, pour d’autres groupes.

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